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La R&D peu touchée par la criseSelon le baromètre annuel « Global Innovation 1000 », les entreprises mondiales les plus innovantes n’ont pas diminué leur investissement en R&D, malgré la crise. Au contraire, avec 532 milliards de dollars investi, les dépenses R&D sont en hausse de 5,7 %.
Face à la récession mondiale, les entreprises du panel Innovation 1000 (les 1000 entreprises mondiales cotées en bourse ayant le plus investi dans la R&D) ont augmenté leurs dépenses d’innovation en 2008, réaffirmant le rôle clé de la Recherche & Développement dans leurs stratégies globales.
Telles sont les conclusions de la cinquième édition de l’enquête annuelle « Global Innovation 1000 » du cabinet de conseil en stratégie Booz & Company sur les dépenses R&D des grandes entreprises mondiales. Au total, l’investissement de ces entreprises en matière de R&D est en hausse de 5,7 %, atteignant 532 milliards de dollars, pour une croissance du chiffres d’affaires cumulé de 6,5 %. Cette augmentation en 2008 est certes moins spectaculaire que la forte poussée de 10 % constatée en 2007, mais elle n’est que très légèrement inférieure au taux de croissance annuel des dépenses R&D calculé sur cinq ans (7,2 %).
De manière générale, plus des 2/3 des entreprises ont maintenu ou augmenté le niveau de leurs dépenses R&D en 2008, alors même que plus d’un tiers d’entre elles (34 %) rapportent une chute de leurs bénéfices l’an dernier. Plus d’1/4 des entreprises ont cependant réduit leur investissement R&D en 2008.
L’une des raisons majeures est la volonté de ne pas manquer un cycle d’innovation produit qui pourrait durablement placer l’entreprise hors du jeu concurrentiel, la durée des cycles d’innovation étant généralement plus longue que la crise.
L’étude, qui analyse les dépenses d’innovation en lien avec la performance économique des entreprises, offre un éclairage spécifique sur la manière dont ces organisations optimisent le retour sur investissement de leurs dépenses R&D. Nouveauté cette année, l’étude comporte une enquête approfondie réalisée auprès de 300 Directeurs R&D dans quelques 250 entreprises du monde entier. Cette enquête vise à comprendre l’impact de la récession sur les stratégies d’investissements en matière d’innovation.
Les principales conclusions de l’étude sont les suivantes:
L’innovation est considérée comme un facteur de plus en plus essentiel dans les stratégies d’entreprise.
« Une réduction des efforts d’innovation serait comparable à un désarmement unilatéral en pleine guerre mondiale », explique Barry Jaruzelski, Partner chez Booz & Company. « La période actuelle offre l’opportunité de développer un véritable avantage concurrentiel, en particulier vis-à-vis des entreprises les moins robustes financièrement, souvent contraintes à des économies en matière de R&D. De manière générale, l’enquête fait ressortir un certain optimisme au sein du panel Innovation 1000. »
Les entreprises investissent de façon plus judicieuse. « L’un des effets de la crise est d’avoir conduit les entreprises à regarder de façon plus attentive leurs portefeuilles de projets R&D et à revoir leur processus d’innovation », observe Kevin Dehoff, Partner chez Booz & Company.
Les 20 premières entreprises du panel « Innovation 1000 » ont accru leurs budgets R&D de seulement 3,2 %. Cette hausse représente moins de la moitié de la croissance de 7,6 % constatée en 2007, résultat d’une chute vertigineuse de 35 % des bénéfices nets parmi ces 20 entreprises, passés de 115 milliards de dollars en 2007 à 75 milliards en 2008. Il reste malgré tout que ce « top 20 » représente 26 % des investissements réalisés par le panel Innovation 1000.
L’impact de la récession sur la R&D varie fortement selon les secteurs. En 2008 comme en 2007, les deux tiers des dépenses R&D ont été concentrés sur seulement trois secteurs : informatique et électronique (27 %), santé (23 %) et automobile (16 %).